Un petit groupe de citoyens se réunit chaque jour en semaine devant l’ambassade de Russie à Ottawa, principalement pendant la pause déjeuner, pour rappeler la poursuite de la guerre en Ukraine et interpeller le personnel diplomatique. Les manifestants, dont la retraitée Karen Niven-Wigston, adoptent des signes visuels pro-ukrainiens — vêtements bleu et jaune, parapluies aux couleurs du drapeau, flamants roses en plastique — et des accessoires symboliques liés au conflit pour attirer l’attention du public.

Le collectif utilise l’humour et la provocation ciblée plutôt que la glorification du conflit : salut moqueur, mise en scène d’armes factices ou installation d’objets faisant référence à des armes ukrainiennes comme les « roquettes Flamingo ». Les organisateurs expliquent que ces codes sont destinés à mettre mal à l’aise le personnel de l’ambassade et à maintenir la visibilité de la cause alors que l’attention médiatique sur l’Ukraine diminue.

Les manifestations suscitent un soutien sonore de la part d’automobilistes et des messages de sympathie en ligne de la part d’Ukrainiens et de partisans, mais elles provoquent aussi des réactions négatives. Des visiteurs de l’ambassade et des livreurs ont exprimé leur malaise ou leur colère, et des incidents passés — peinture jetée, téléphone lancé, ballons percés par un individu identifié comme présumément rattaché aux services russes — ont conduit les organisateurs à restreindre certaines idées jugées dangereuses ou polluantes.

Le groupe affirme coopérer avec l’officier de liaison de la police d’Ottawa chargé de la sécurité de la mission et s’efforce de respecter la loi en évitant d’entraver l’accès à l’ambassade. Les manifestants se réfèrent aussi aux risques d’une « normalisation » des relations avec la Russie et craignent que des positions pro-Kremlin gagnent du terrain dans certains cercles anti-guerre. L’ambassade russe n’a pas répondu aux demandes de commentaire sur le respect par le Canada des obligations diplomatiques.