Des manifestants pro-Ukraine tiennent désormais des rassemblements quotidiens à midi devant l’ambassade de Russie à Ottawa : retraités, étudiants et sympathisants se succèdent pendant la pause déjeuner du personnel de la mission. Le groupe emploie une imagerie volontiers ironique — parapluies bleu et jaune, flamants roses en plastique, une courgette déguisée en arme — pour attirer l’attention et rappeler l’existence et la gravité du conflit.
Plusieurs participants expliquent que leur mobilisation est née de l’indignation face aux actions imputées à la Russie, notamment des allégations d’enlèvements d’enfants et des attaques contre des infrastructures civiles, ce qui renforce leur détermination à protester régulièrement. Certains craignent aussi une «normalisation» des relations avec la Russie et pointent des décisions institutionnelles récentes comme frustrantes.
Les manifestations restent généralement pacifiques, le groupe cherchant à ne pas entraver l’activité de l’ambassade; cependant des incidents isolés sont survenus par le passé (jets de peinture, téléphone lancé, destruction de ballons), entraînant parfois l’intervention policière. Les organisateurs disent par ailleurs entretenir un dialogue pratique avec l’officier de liaison de la police d’Ottawa afin de définir des limites opérationnelles, notamment pour éviter de bloquer l’accès à la mission.
La présence régulière devant l’ambassade suscite des réactions contrastées au quotidien: encouragements d’automobilistes et de sympathisants ukrainiens en ligne, mais aussi malaise de visiteurs ou d’employés effectuant des livraisons. Des vidéos et enquêtes citoyennes ont par ailleurs conduit les manifestants à suspecter la présence d’agents liés aux services de renseignement russes parmi les passants. Enfin, l’article rappelle le cadre juridique diplomatique : la Convention de Vienne impose au pays hôte de protéger les locaux d’une mission, tandis que les juridictions doivent équilibrer cette obligation et le droit de manifester.


