Les rassemblements se tiennent en semaine, pendant la pause déjeuner, moment choisi car le personnel de l’ambassade sort prendre l’air. Karen Niven‑Wigston, retraitée, participe depuis février 2022 et dit que sa détermination croît au fil des informations sur les «atrocités largement attribuées à la Russie», citant en exemple l’enlèvement de milliers d’enfants et le bombardement d’un hôpital pour enfants. Les manifestants utilisent des symboles ciblés — parapluies Ikea aux couleurs ukrainiennes, longues courgettes ornées de rubans bleu et jaune, et flamants roses en plastique — pour faire référence à des éléments du conflit que seuls les observateurs attentifs reconnaissent.
Les «flamants» renvoient aux roquettes surnommées «Flamingo», fabriquées par l’entreprise Fire Point et dont une version peinte en rose a été exposée à Lviv en septembre 2025. Le groupe affirme ne pas vouloir glorifier la guerre; l’objectif est de mettre mal à l’aise le personnel de l’ambassade, perçu comme représentant le gouvernement russe. Parmi les participant·e·s figurent Faith Jamieson, qui effectue un salut moqueur quand du personnel sort, et Angela Kalyta, doctorante, qui interrompt parfois ses études pour être présente et afficher des messages sur les frappes ukrainiennes ciblant des raffineries russes.
Les relations avec le personnel de l’ambassade restent tendues mais rarement directes: certains employés auraient commencé à porter des casquettes rouges «MAGA» depuis le retour du président américain Donald Trump à la Maison‑Blanche, et des incidents ont eu lieu — un homme a récemment percé des ballons bleu‑jaune et un «détective du web» a identifié des documents laissant penser qu’il pourrait s’agir d’un agent de renseignement russe. Par le passé, des actions plus graves ont provoqué l’intervention policière, notamment un cocktail Molotov filmé devant l’ambassade en septembre 2022 et des jets de peinture.
Le groupe se coordonne avec l’officier de liaison de la police d’Ottawa pour éviter de bloquer l’accès à la mission, conscients qu’en droit pénal canadien le méfait inclut l’entrave au fonctionnement licite d’un bien. La Convention de Vienne impose à l’État hôte l’obligation de protéger les locaux diplomatiques; l’ambassade de Russie n’a pas répondu aux demandes de commentaire quant au respect de cette obligation par le Canada.
