Un groupe informel de citoyens se rassemble quotidiennement devant l'ambassade de Russie à Ottawa, principalement durant la pause déjeuner, pour manifester son soutien à l'Ukraine. Les participants, certains engagés depuis le début de l'invasion à grande échelle en 2022, affichent des signes distinctifs — vêtements bleu et jaune, parapluies aux couleurs ukrainiennes, flamants roses en plastique — destinés à rappeler la guerre et à interpeller le personnel de l'ambassade.

Les actions mêlent humour et provocation ciblée: accessoires satiriques, saluts moqueurs, et objets symboliques comme des courgettes déguisées en armes. Les organisateurs insistent sur le fait qu'il ne s'agit pas de glorifier la violence, mais de mettre mal à l'aise les représentants russes pour qu'ils ressentent la pression morale de leurs actes perçus. Certains gestes ont franchi des limites — jets de peinture, téléphone lancé au-dessus de la clôture — provoquant des interventions policières ponctuelles.

La présence quotidienne est maintenue malgré des tensions: inconfort de visiteurs de l'ambassade, insultes d'un employé postal, et incidents impliquant des personnes suspectées d'être liées aux services de renseignement russes. Les manifestants ont discuté de moyens créatifs (ballons, paillettes) mais ont renoncé à certaines idées pour des raisons de sécurité et d'impact environnemental. Ils travaillent aussi avec un officier de liaison de la police d'Ottawa pour éviter d'entraver les accès et respecter les règles locales.

Le débat public et juridique affleure: la Convention de Vienne impose aux États hôtes de protéger les locaux diplomatiques tout en tolérant l'exercice des droits de manifestation. Les manifestants redoutent une «normalisation» de la Russie et veulent maintenir l'attention sur l'Ukraine, craignant que la couverture médiatique et l'engagement public ne s'étiolent au fil du temps. L'ambassade de Russie n'a pas répondu aux demandes de commentaires concernant le respect de la Convention.