Mardi, une roquette russe a frappé Petcheniguy, une localité située à environ soixante kilomètres de Kharkiv, faisant au moins 10 morts et 18 blessés selon les autorités régionales. Sur place, un journaliste de l’AFP a constaté des véhicules et des bâtiments calcinés, des corps recouverts de couvertures de survie et des équipes de secours à l’oeuvre. Le gouverneur Oleg Synegoubov a relayé l’information sur Telegram.

Le président Volodymyr Zelensky a qualifié la cible de « carrefour très fréquenté » comprenant un bureau de poste et des commerces entourés d’habitations, et a promis que l’Ukraine « répondra ». Selon Oleksandr Goussarov, chef de l’autorité militaire locale, l’ampleur des destructions pourrait nécessiter des analyses ADN pour identifier certaines victimes : il s’agit, d’après lui, de la frappe la plus meurtrière subie par la localité depuis février 2022.

La région de Kharkiv, voisine de la Russie, est fréquemment visée par drones et missiles; certaines zones restent sous occupation russe. L’armée de l’air ukrainienne a indiqué que dans la nuit précédant l’attaque la Russie avait lancé 147 drones, dont 111 ont été abattus ou interceptés. Parallèlement, Moscou a fait état d’attaques contre la région de la capitale russe, avec selon le maire Sergueï Sobianine au moins 620 drones lancés, 180 détruits, et trois blessés signalés par le gouverneur Andreï Vorobiov.

Les deux camps intensifient les frappes de longue portée : l’Ukraine multiplie les attaques sur des cibles en Russie et dans les territoires occupés pour tenter d’assécher des flux de financement et d’infrastructures, tandis que la Russie augmente ses raids sur des zones civiles ukrainiennes. Les efforts diplomatiques pour relancer des négociations sont au point mort depuis l’escalade du conflit au Moyen-Orient en février, limitant les perspectives d’une désescalade rapide.