Les émissaires de Donald Trump, Jared Kushner et Steve Witkoff, ont atterri à l'aéroport moscovite de Vnoukovo samedi, accueillis par l’émissaire russe aux questions économiques, Kirill Dmitriev. Selon le président américain, ils portent « une idée pour la paix » visant à mettre un terme au conflit qui oppose la Russie et l’Ukraine depuis l’offensive russe de février 2022, sans que M. Trump ait précisé si cela impliquerait une cession de territoire ukrainien.
Pour la première fois depuis qu’ils ont entamé leur rôle de médiateurs, Kushner et Witkoff doivent se rendre ensuite à Kiev. Cette perspective est pourtant rendue exceptionnelle par la fermeture de l’espace aérien ukrainien et des aéroports depuis le 24 février 2022 : les visiteurs se déplacent habituellement en train depuis des pays tiers. Kyiv a envisagé un atterrissage par avion, mais des bombardements nocturnes ont frappé les deux aéroports de la capitale dans la nuit de vendredi à samedi, que Volodymyr Zelensky a qualifié d’« démonstratifs » et d’une volonté du Kremlin de perturber la visite.
La situation sécuritaire se détériore par ailleurs: une attaque russe contre Kamianske a fait au moins cinq morts et cinq blessés dans la nuit, et une frappe de drone a touché le siège des services de sécurité ukrainiens (SBU) à Kiev, blessant quinze personnes. Le président Zelensky a proposé un cessez‑le‑feu pendant la tournée des émissaires, proposition qui n’a pas reçu de réponse officielle de Moscou.
Ces déplacements diplomatiques hors normes s’inscrivent dans un contexte de multiplication des frappes russes, y compris par drones sur Kiev, et d’escalade ukrainienne contre des cibles en Russie cet été. Le récent voyage à Moscou du directeur de la CIA, John Ratcliffe, a alimenté les spéculations, qualifié lui‑même de « semi‑routine » par Donald Trump.

