Lors d’une rencontre avec des journalistes, Volodymyr Zelensky a clairement exclu la tenue d’élections tant que dure l’invasion russe déclenchée en février 2022, estimant qu’un scrutin en temps de guerre représenterait « un risque énorme » et risquerait de fracturer le pays. La loi martiale en vigueur interdit en pratique l’organisation d’un vote, et le président a souligné plusieurs obstacles concrets: le vote des militaires mobilisés, celui des millions de réfugiés à l’étranger et celui des habitants des territoires occupés par Moscou.

La question a été ravivée après la vidéo de campagne de l’ex-ministre de la Défense Mikhaïlo Fedorov, limogé mi-juillet, qui appelait à « restaurer un processus démocratique » par des élections. Ce geste a provoqué du remous politique: des milliers de manifestants ont protesté contre son départ et Zelensky a ensuite remplacé le commandant de l’armée Oleksandre Syrsky, présenté comme un rival de Fedorov. L’ex-ministre, âgé de 35 ans et partisan d’un usage massif des technologies (drones, réorganisation), prévoit un déplacement aux États-Unis, susceptible de raviver les tensions internes.

Sur le plan sécuritaire, Zelensky dénonce une intensification des frappes balistiques russes et pointe une pénurie de missiles intercepteurs Patriot: Kiev avait reçu 675 missiles en 2023, et les livraisons pour 2026 sont projetées à 264 selon le président. Il affirme en parallèle que la Russie pourrait produire environ 100 missiles balistiques par mois. Washington, dit-il, est devenu plus réticent à accroître les livraisons en raison de la guerre des États-Unis contre l’Iran.

Malgré des critiques sur le manque de dialogue entre la présidence et la société civile, Zelensky reste populaire et défend le droit de manifester tout en avertissant contre les divisions qui affaibliraient le lien entre la population et les soldats. Kiev organise une réunion avec ses alliés européens pour discuter de moyens supplémentaires de pression sur la Russie et tenter de mettre fin au conflit.