La France va mobiliser une partie de ses stocks stratégiques de gazole pour tenter de réduire rapidement la facture des automobilistes et des entreprises. Un décret publié le 24 octobre au Journal officiel fixe le cadre économique de cette opération, annoncée au début du mois par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le texte autorise la vente d’un volume maximal de 1,6 million de mètres cubes, soit environ 10 millions de barils, jusqu’au 31 janvier. La répartition entre distributeurs ainsi que le prix de cession doivent être précisés par arrêté. Le gouvernement vise une diminution de 12 à 18 centimes par litre, alors que le gazole évolue depuis le début d’octobre entre 2,30 et 2,40 euros en moyenne selon les données publiques citées.

La mesure devrait produire ses premiers effets à compter du 1er novembre. Les distributeurs auront l’obligation de répercuter intégralement la baisse sur les consommateurs et de les informer avant la vente. Le décret prévoit également des remontées régulières aux autorités afin de contrôler les volumes écoulés et la transmission effective de l’avantage tarifaire.

Le mécanisme diffère du fonctionnement habituel de la Société anonyme de gestion des stocks de sécurité. Ces réserves sont normalement mises à disposition sous forme de prêt, avec restitution sous un mois. Cette fois, une vente au coût moyen pondéré d’acquisition a été retenue. Ce choix doit permettre une baisse plus directe du coût d’approvisionnement, mais son efficacité dépendra du prix fixé, du calendrier de livraison et du comportement des distributeurs.

Pour l’investisseur, l’impact potentiel dépasse le seul secteur pétrolier. Une baisse du gazole peut alléger temporairement les coûts des transporteurs, des entreprises agricoles, de la logistique et des ménages dépendants de la voiture. Elle peut aussi réduire marginalement la pression sur l’inflation énergétique. En revanche, il s’agit d’une action sur l’offre disponible à court terme, pas d’une solution structurelle au prix du pétrole ou aux tensions d’approvisionnement.

Un autre décret prolonge jusqu’en décembre le guichet d’aide au gazole non routier utilisé dans les travaux agricoles, à hauteur de 15 centimes par litre. L’enveloppe disponible dépasse 50 millions d’euros par mois. Ces dispositifs peuvent soutenir ponctuellement le pouvoir d’achat et les marges des secteurs consommateurs de carburant, mais leur effet devra être vérifié dans les prix réellement observés en station.