Les autorités américaines ont annoncé le lancement d'une vaste opération de sanctions économiques ciblant l'Iran, présentée par le secrétaire au Trésor comme un « D-Day économique ». Le gouvernement de Washington affirme avoir considérablement affaibli les capacités militaires et nucléaires iraniennes et cherche désormais à isoler financièrement Téhéran, en mettant en garde tout État entretenant des relations économiques avec l'Iran.

Téhéran dénonce ces mesures comme du « terrorisme économique » et interprète l'offensive américaine comme un aveu de défaite. Les dirigeants iraniens remettent en cause les déclarations de destruction de capacités militaires, pointant l'incohérence d'une « plus grande invasion financière de l'histoire » si ces objectifs militaires avaient été atteints. Le régime a maintenu une posture de fermeté, tout en reconnaissant des difficultés économiques accrues.

L'impact économique est déjà visible: les exportations pétrolières ont chuté fortement, passant d'environ deux millions à 0,4 million de barils par jour selon un suivi maritime, et l'inflation a grimpé, atteignant 66 % en glissement annuel fin juillet. La monnaie nationale continue de se déprécier, pénalisant le pouvoir d'achat et alimentant le mécontentement intérieur qui devient un facteur politique sensible pour les autorités.

La dimension régionale s'intensifie: les Émirats arabes unis ont suspendu leurs échanges commerciaux et financiers avec l'Iran, la Chine juge inefficace la voie des sanctions, et des acteurs non étatiques alliés de Téhéran, comme les rebelles houthis, accroissent les attaques contre la navigation et les installations pétrolières, renforçant les tensions sur les routes maritimes et les marchés de l'énergie. Des initiatives diplomatiques, notamment avec le Pakistan et Oman, cherchent à préserver des canaux de négociation et à gérer le verrouillage du détroit d'Ormuz.