Le Plan d'épargne en actions (PEA), créé en 1992 pour encourager l'investissement en Bourse et financer les entreprises européennes, conserve une vocation claire : loger des titres dont le siège est dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen (EEE). Selon Alexandre Baradez, responsable de l'analyse de marché chez IG, cette mission originelle structure encore l'encadrement du PEA et explique l'exclusion des actifs qui n'entrent pas naturellement dans ce périmètre.
Du fait de leur nature, ni le bitcoin ni les ETF adossés à des cryptoactifs ne correspondent aux catégories de titres éligibles au PEA. Au-delà de l'interprétation juridique, il existe une volonté réglementaire de ne pas mêler l'enveloppe fiscale dédiée au financement des entreprises européennes avec des produits jugés trop spéculatifs. Le régulateur serait réticent à créer une brèche qui rendrait difficile le retour en arrière, d'autant que le bitcoin, bien que plus populaire et relativement moins volatile qu'autrefois, demeure perçu comme un actif à risque.
Pour les épargnants souhaitant une exposition au secteur crypto tout en utilisant un PEA, la voie possible mais limitée consiste à détenir des actions de sociétés européennes cotées impliquées dans l'écosystème : sociétés de minage, entreprises technologiques accumulant des bitcoins, etc. Ces options restent marginales en Europe, l'offre étant peu fournie. En dehors du PEA, l'achat direct de cryptomonnaies via un courtier ou l'investissement dans des ETF crypto sur un compte-titres ordinaire restent les solutions disponibles, sans les avantages fiscaux du PEA.
Enfin, l'article note qu'à plus long terme de nouvelles enveloppes pourraient éventuellement voir le jour, mais à ce stade rien n'indique une évolution imminente du PEA vers l'inclusion des cryptoactifs.


