Après plusieurs mois d'accalmie, les taux de crédit immobilier repartent à la hausse. Selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA et les barèmes publiés par Pretto, le taux moyen remonté depuis le printemps ; Pretto affiche en août 3,33% sur 15 ans, 3,44% sur 20 ans et 3,52% sur 25 ans, la 25 ans ayant gagné 0,09 point en un mois. Toutefois, ces moyennes masquent des écarts : pour un dossier type (jeune cadre à 3 200 € nets), des barèmes autour de 3,80% à 3,95% sur 25 ans sont observés hors assurance, et le TAEG dépasse déjà fréquemment 4% une fois assurance et frais intégrés, d'après Élodie Jaffre, courtière chez Pretto.

Les emprunteurs ne sont pas affectés de la même façon. Primo-accédants sans apport, indépendants ou ménages contraints d'allonger la durée voient plus souvent les taux élevés ; à l'inverse, un apport conséquent, des revenus stables et une épargne résiduelle permettent d'obtenir de meilleurs barèmes. Les banques, sous pression des marchés obligataires, surveillent l'évolution des taux longs : le TEC 10 était à 3,91% le 3 août, est monté à 4,10% le 19 août et affichait 4,09% le 25 août selon l'Agence France Trésor.

La traduction concrète de quelques dixièmes de point est significative : pour un prêt de 250 000 € sur 25 ans hors assurance, passer de 3,60% à 4% augmente la mensualité d'environ 1 265 € à 1 320 €, et le coût total des intérêts de ~129 500 € à ~145 900€ (soit ~16 400 € supplémentaires). À mensualité identique, la capacité d'emprunt se réduit d'environ 10 300 € (250 000 € → ~239 700 €).

Malgré la remontée, la concurrence entre banques et leurs objectifs de production peuvent atténuer la transmission complète de la hausse sur les barèmes : elles peuvent absorber une partie sur leurs marges. Élodie Jaffre rappelle enfin que le taux se renégocie, et que d'autres leviers (assurance, frais, garanties) restent négociables.